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Les dons merveilleux viennent d'en haut PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Dominique Janthial   

22ème dimanche du Temps Ordinaire, B - 30 août 2015

La première lecture de ce jour nous fait entendre un éloge des commandements et cela a quelque chose d’incongru dans notre monde. Pourtant dans quelques semaines, pour clôturer le cycle des fêtes d’automne, les Juifs célèbreront Simhat Torah, la fête de la joie de la Torah. Et l’on voit dans les synagogues, ces hommes graves, revêtus du châle de prière, qui exhibent les rouleaux de la Torah et se mettent à danser en les étreignant de toute leur force. Pareille joie, pareil enthousiasme au sujet des commandements a de quoi nous surprendre surtout depuis que, dans nos contrées, « il est interdit d’interdire » !

Pour ma part je me souviens très bien qu’une fois ma crise d’ado passée, je me suis dit que si Dieu était réellement l’auteur de la vie, il était assez logique qu’il nous en fournisse également le mode d’emploi. Les commandements seraient en quelque sorte le mode d’emploi de la vie. Le problème c’est qu’avec tous ces appareils que l’on achète et qui sont de plus en plus « user friendly », il n’y a plus personne qui lit le mode d’emploi. Alors avec la vie, on finit par penser qu’il y a sans doute moyen de s’en passer aussi…
Alors, pour comprendre l’utilité des commandements, il faut peut-être raisonner par l’absurde de telle sorte qu’apparaissent « la sagesse et l’intelligence » dont il est question dans le Deutéronome. Pour cela il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’avoir beaucoup d’imagination car l’absurde est sous nos yeux. L’espérance-vie d’un mariage à Bruxelles est de l’ordre d’un an. « Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin » disaient les commandements. La pornodépendance fait de tels ravages parmi les internautes de tous les âges et de toutes les conditions qu’elle est en passe de devenir une pandémie mondiale contre laquelle certains gouvernements tentent de prendre des mesures… avec peu de résultats. Un hebdomadaire français peu suspect de bigotterie consacrait récement un article à ce sujet dont le titre était significatif : « La pornographie, du plaisir à la souffrance ».
Et pendant ce temps-là, on se rassure avec des mesures d’hygiène à l’image des pharisiens qui ramenait tout au fait de se laver ou de ne pas se laver les mains avant de passer à table ! Rien de ce qui est extérieur à l’homme ne peut le contaminer vraiment dit Jésus mais ce qui sort du cœur de l’homme voilà ce qui rend l’homme impur. Et si ce qui sortait du cœur de l’homme était d’abord et avant tout cette révolte contre la bonne loi de Dieu qui résonne dans le sanctuaire de notre conscience.
Mais d’où vient-elle cette révolte ? D’où vient-elle cette aversion pour les commandements. Au fond quand un enfant refuse d’accueillir les injonctions de ses parents, il peut y avoir deux raisons : soit qu’il n’a pas l’impression qu’elles lui sont prodiguées par amour, soit qu’il a le sentiment d’un double langage. Cette seconde raison est bien celle que Jésus dénonce chez les pharisiens – et nombre de nos contemporains chez les curés et autres donneurs de leçons: « Ils disent et ne font pas ». Pour autant Jésus ne conclue pas qu’il faille abandonner les commandements.
Car les commandements viennent de Dieu et non pas des hommes comme nous le rappelle Saint Jacques : « Frères bien-aimés, les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d’en haut, ils descendent tous d’auprès du Père de toutes les lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses passagères ». Pour que nous puissions les accueillir, il convient donc de les recevoir non des pharisiens, ni des scribes ou des curés mais du Père et dans le sanctuaire de notre conscience. Et pour cela nous pouvons très concrètement faire ce petit exercice que l’on nous proposait lors d’une retraite : lorsque nous sommes face à un choix qui engage notre respect des commandements, nous mettre face à Dieu le Père en prenant une profonde respiration et en le voyant ce Père nous donner la vie et son souffle envahir notre sanctuaire intérieur. « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant » (Gn 2,6).
Voilà peut-être la manière de répondre à l’exhortation de Saint Jacques qui nous disait encore : « Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous; elle est capable de vous sauver ». Les commandements de Dieu ne sont pas un fardeau mais ils sont au contraire cette parole de Dieu semée en nous et capable de nous sauver si nous l’accueillons humblement. C’est au fond ce que nous demandions dans l’oraison d’ouverture de la messe : « Enracine en nos cœurs l’amour de ton nom. Resserre nos liens avec toi pour développer ce qui est bon en nous. Veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir ». Amen !

Mise à jour le Vendredi, 04 Septembre 2015 21:09