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Chemin de lumière 2015 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Philippe Henne   

Méditation du lundi  de Pâques, lundi 6 avril 2015

Première station : Jésus est ressuscité
Ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir.  Car il est mort, et c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est vivant et c’est pour Dieu qu’il est vivant.  De même vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus-Christ (Romains 6, 9 – 11). La résurrection est une chose incroyable, inimaginable.



Nous pouvons concevoir une vie éternelle sur terre, mais nous savons que ce serait vite l’enfer, car notre corps deviendrait de plus en plus vieux, de plus en plus malade.  Ce n’est pas à cette vie-là que nous sommes appelés, mais à une nouvelle vie, entièrement transformée.  Aussi différente de la vie actuelle que la vie d’un fœtus peut être différente de notre vie sur terre. 
Seigneur, apprends-nous à laisser de côté les faux rêves de vie éternelle sur terre pour découvrir la vie éternelle dans ton amour.

Deuxième station : les femmes découvrent le tombeau ouvert
    Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes virent à la tombe ne portant les aromates qu’elles avaient préparés.  Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau.  Etant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus (Luc 24, 1 – 2)
    Rien ne se passe jamais comme prévu. On craint le pire et c’est moins qu’on ne le pensait.  On espérait une belle fête et c’est la dispute, une belle rencontre et c’est l’indifférence.  Et pourtant depuis Abraham jusqu’à Marie tant d’hommes et de femmes ont vu leur vie bouleversée par la maladie ou la mort d’un proche, par la faillite financière ou l’échec conjugal.  Apprenons-nous, Seigneur, à être comme des disciples et ses femmes au tombeau : déconcertés, mais ouverts à la surprise de ta Bonne Nouvelle.
    Ouvre nos cœurs, Seigneur, aux surprises de la vie.  Qu’elles soient pour chacun d’entre nous l’occasion de te découvrir présent, autrement, plus profondément.

Troisième station : le Ressuscité se manifeste à Marie de Magdala

    Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait … elle se retourne et voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était lui (Jean 20, 11. 12).
    Nous voudrions tant rencontrer Jésus, nous voudrions tant rencontrer l’amour, mais il est là et nous ne le reconnaissons pas.  Nous sommes comme certains enfants qui réclament à cor et cri un geste d’amour, une attention sans faille.  C’est une attitude d’enfants gâtés.  Dieu nous a offert son amour et patiemment s’adapte à chacun d’entre nous.  Il nous invite à dépasser nos larmes pour ouvrir nos yeux à sa lumière incomparable.
    Transforme, Seigneur, notre soif d’amour de telle sorte que nous puissions te découvrir là où tu es, et non pas là où nous voulons que tu sois.

Quatrième station : Pierre et l’autre disciple au tombeau
    Alors Pierre sortit, ainsi que l’autre disciple, et ils allèrent au tombeau.  Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.  Il se penche et voit les bandelettes qui étaient posées.  Toutefois il n’entra pas (Jean 20, 3 – 5).
    C’était toujours la course, même en amour.  Suis-je le plus beau ? Suis-je le plus aimable ? Ma femme ne me néglige-t-elle pas en faveur des enfants ? Mon mari m’aime-t-il encore vraiment ? Dieu se donne à chacun d’entre nous.  Comme le soleil, il brille sur chacun d’entre nous.  Ce n’est pas lui qui ferme les volets de notre cœur ou les portes de notre âme.  Chez lui, il n’y a pas de course.  Il n’y a que le seul plaisir de sa présence et de son amour irradiant.
    Ouvre notre cœur à ton immense amour et cela nous suffit.  Que chacun connaisse le même bonheur que moi. 

Cinquième station : le Ressuscité se dévoile à la fraction du pain
    Ils s’approchèrent du village où ils se rendaient, et lui fit mine d’aller plus loin.  Ils le pressèrent en disant : « reste avec nous, car le soir vient et la journée déjà est avancée. » Et il entra pour rester avec eux.  Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna.  Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, puis il leur devint invisible (Luc 24, 28 – 31).
    Les disciples avaient discuté toute la journée avec Jésus, mais ils n’ont pas été convaincus : non, Jésus est mort, et bien mort, voilà la lourde conviction qui obscurcit leur intelligence et leur cœur.  Ils ne reconnaissent Jésus qu’à la fraction du pain, c’est-à-dire à un geste de partage, d’amitié et de fraternité. 
    Apprends-nous, Seigneur, à te découvrir dans les petits gestes quotidiens d’amour et d’amitié que tant d’hommes et de femmes nous offrent autour de nous.

Sixième station : le Ressuscité apparaît aux apôtres

    Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « la paix soit avec vous » (Jean 20, 19).
    Enfermés dans les murailles de la peur, nous fuyons les autres : ils peuvent nous juger, ils peuvent nous blesser.  Et voilà que Jésus paraît et nous donne sa paix.  Cette paix, c’est l’immense confiance que Dieu donne à chacun d’entre nous.  Il sait de quoi nous sommes capables, il nous offre la chance de pouvoir devenir nous-mêmes.  Avec lui auprès de nous, nous osons vivre et tendre la main aux autres.
    Verse, Seigneur, dans nos cœurs desséchés par la peur, l’eau vive de ton amour afin que, pleins de confiance dans ta miséricorde, nous puissions sans cesse nous relever et recommencer à vivre.

Septième station : le Ressuscité confirme la foi de Thomas
    Jésus dit à Thomas : « avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-là dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi. » Thomas lui répondit : « mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20, 27 – 28).
    Combien de fois n’avons-nous pas envie de demander à notre conjoint, à nos proches : « tu m’aimes ? » ? Certaines le demandent ouvertement, certains hommes le pensent en secret.  On n’est jamais sûr.  Et on ne le sera jamais.  Voilà pourquoi la méditation de toutes les merveilles accomplies par Dieu dans notre vie nous ouvre sur la confiance en l’avenir.  Car Dieu est fidèle.
    Ouvre nos yeux, Seigneur, sur les splendeurs de ton amour.  Que notre foi en toi se nourrisse chaque jour de la confiance en ta fidélité.

Huitième station : le Ressuscité se manifeste près du lac de Tibériade
    Jésus se manifesta de nouveau sur les bords de la mer de Tibériade … une fois descendus à terre, les apôtres virent u feu de braise sur lequel on avait disposé du poisson et du pain.  Jésus leur dit : « apportez donc ces poissons que vous venez de prendre » (Jean 21, 1. 9 – 10).
    Au cours de notre tumultueuse traversée de la vie, Jésus se tient sur le rivage.  Il nous prépare les victuailles nécessaires pour cette étrange traversée.  Il nous demande d’apporter ce que nous avons pu prendre.
    Accueille, Seigneur, les petites réussites et nos gros échecs.  Toi seul peux les transformer en chants de louange et d’amour.  Bénis-les.  Bénis-nous.

Neuvième station : le Ressuscité fit de Pierre le pasteur de l’Eglise

    Une troisième fois, il dit : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » ; Pierre fut attristé de ce que Jésus lui avait dit une troisième fois : « m’aimes-tu ? » et il reprit : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime. » Et Jésus lui dit : « pais mes brebis. »
    « Toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime » : n’est-ce pas là ce que tous nous pouvons dire, laïcs, religieux, prêtres, évêques, pape.  C’est Dieu qui appelle chacun de nous à accomplir sa volonté sur terre.  Et c’est chacun de nous qui le trahissons par nos petits mensonges, nos petits efforts de goûter le confort loin de Dieu, loin des autres. 
    Seigneur, tu sais combien nous voudrions être heureux avec toi, et parfois sans toi.  Renverse nos replis frileux en de magnifiques élans d’amour vers toi et les autres.

Dixième station : le Ressuscité envoie les disciples dans le monde

    Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.  Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit.  Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matthieu 28, 18 – 20).
    La foi, connaître Dieu est une trop  belle chose pour la garder pour soi tout seul.  Il faut le dire et le chanter : Dieu nous aime pour l’éternité.  Que ce soit en famille ou dans la solitude d’une triste chambre, que ce soit dans le milieu de travail agité et sans merci ou que ce soit dans la voiture pendant les navettes, tout est occasion pour chanter la gloire et la beauté de Dieu.
    Apprends-nous, Seigneur, à faire de chacune de nos rencontres une occasion de te rencontrer.  Apprends-nous, Seigneur, à profiter de chaque instant de silence et de solitude pour entendre le doux murmure de tes mots d’amour.

Onzième station : le Ressuscité monte au ciel
    Jésus les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit.  Or, comme il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel.  Eux, après s’être prosternés devant lui, retournèrent à Jérusalem pleins de joie (Luc 24, 50 – 52).
    Jésus n’est pas monté au ciel, comme on monterait au quatorzième étage.  Ce sont les apôtres qui ont soudain pris conscience que ce Jésus qu’ils ont bien connu est vraiment Dieu et qu’il habite au ciel, mais qu’il est toujours présent sur terre.  C’est pour cela que les apôtres retournent tout joyeux à Jérusalem parce qu’ils savent que Jésus est vraiment Dieu et qu’il est toujours au milieu de nous.
    Apprends-nous, Seigneur, à adorer ton immense majesté divine et à découvrir les traces de ta présence dans notre vie de tous les jours.

Douzième station : avec Marie, dans l’attente de l’Esprit saint

    A leur retour à Jérusalem, les apôtres montrent dans la chambre haute où ils se retrouvèrent tous.  Il y avait là Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le zélote et Jude fils de Jacques.  Tous, unanimes, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie, la mère de Jésus, et avec les frères de Jésus (Actes 1, 13 – 14).
    Marie aurait pu maudire tous les disciples parce que leur seule présence lui rappelle que son fils a été condamné à mort.  Mais non ! C’est avec eux qu’elle prie.
    Seigneur, donne-nous la force de nous arracher à la tristesse du désespoir pour pouvoir prier avec tous nos frères, car c’est ainsi et seulement ainsi que nous pourrons recevoir la grâce et la force de ton Esprit.

Treizième station : le Ressuscité envoie l’Esprit saint
Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble.  Tout à coup survint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux (Actes 2, 1 – 3).
    Et voilà ! C’est la joie qui explose dans notre cœur après de longs mois de détresse.  Hélas ! Cela ne se passe pas comme ça.  Souvent, nous nous sentons abandonnés de Dieu et des autres.  Et pourtant, il y a autour de nous de petits sourires que Dieu nous adresse à travers des gens apparemment sans importance.  Ces petits sourires sont comme de petites gouttes d’eau qui cachent l’océan d’amour de Dieu pour chacun d’entre nous.
    Tu remplis, Seigneur, l’univers de ta présence bienveillante.  Ouvre nos yeux afin que nous puissions voir et accueillir ces petits signes de ton immense présence.

Quatorzième station : le Ressuscité vit dans la première communauté
    Unanimes, les croyants se rendaient chaque jour assidûment au Temple ; ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l’allégresse et la simplicité de cœur.  Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier (Actes 2, 46 – 47).
    Ce qui nous réunit, ce n’est pas la sympathie ou un programme politique ou une grande œuvre à réaliser.  Ce qui nous réunit, c’est la conviction que Dieu nous aime et que nous ne nous pouvons que le remercier de son don de vie et d’amour.
    Apprends-nous, Seigneur, à bien profiter des moments de prière afin que nous puissions goûter le pain de ta présence et les paroles de ton amour.

Philippe Henne

Mise à jour le Mardi, 14 Avril 2015 10:25